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Henri Ramonteu: Gros et Petit Manseng font de grands vins blancs!





Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Henri Ramonteu, vigneron dans le Sud-Ouest de la France, dans une appellation qui est le Jurançon, où on fait des blancs secs et moelleux.

La belle histoire, ce sont les moelleux, vertueux, qui ont de l'acidité, des arômes... Ce sont des vins d'apéritifs, qui se marient aussi idéalement avec le foie gras. La nouvelle évolution aujourd'hui, ce sont les Jurançons secs. Les gens en consomment beaucoup plus.

Petit Manseng, Gros Manseng, Camaralet, Lauzet, Courbu... le potentiel de ces cépages que presque personne ne connait est énorme. On peut en faire des grands vins de cépages rares.


Auprès de qui avez-vous appris à faire du vin ?

Le vin, c'est une histoire très particulière pour moi. Je suis un autodidacte. J'ai appris sur le tas. Le faire m'a donné du savoir.

Cependant certains livres m'ont beaucoup inspiré. D'abord l'ouvrage Connaissance et Travail du Vin, d'Émile Peynaud, un scientifique bordelais.

J'ai aussi été très marqué par Denis Dubourdieu, l'homme qui a révélé les arômes du Sauvignon. Et il s'est avéré que le Petit Manseng et le Gros Manseng avaient un potentiel plus élevé encore que le Sauvignon.

Je me suis donc lancé en autodidacte, non pas influencé par un héritage familial, mais par des recherches universitaires. Je n'ai donc pas reproduit ce que mes parents auraient pu faire.

Je n'ai pas fait d'études. Dans la campagne où j'ai vécu, il fallait travailler, on n'étudiait pas. J'ai donc appris, je me suis élevé en pratiquant et en lisant. Aujourd'hui je me retrouve dans cette citation d’Einstein dans laquelle je me retrouve : "l'imagination est plus forte que le savoir".


Vous souvenez-vous de votre première cuvée ?

C'est un moelleux que je qualifierais aujourd'hui de gentil moelleux. Avec le savoir que j'avais... Mais, quatre ans après, je m'étais initié au sec, j'étais déjà vigneron de l'année pour tout le Sud-Ouest dans le Gault & Millau. Huit ans après, en 1988, j'ai fait des vendanges très très tardives, les gens du Gault & Millau goûtent ce vin et me disent qu'il faut faire les Olympiades des Liquoreux. J'ai failli ne pas le faire; je ne mesurais pas trop à l'époque. Et j'ai fait cinquième sur soixante-dix concurrents venus de onze pays avec un vin qui avait tout juste 6 mois ! Le Jurançon a alors fait un bond de dix ans.

Ce vin, par ses cépages uniques, sans botrytis, avec un flétrissement sur le pied grâce au vent du Sud a des goûts extraordinaires.





Quelle est la cuvée dont vous avez été le plus fier ?

Il y a des moelleux que j'ai faits pour la démonstration. Ce vin des Olympiades, c'est la quintessence, comparable à de l'Yquem. C'est une fierté.

Mais ma nouvelle fierté, mon autre challenge, c'est le sec, avec une personnalité unique. Et j'aime me confronter à l'aveugle aux grands vins blancs secs de France. J'avance, et j'y crois...


Votre cépage préféré c'est ...

Le Manseng, il est unique. Le Petit Manseng est un des plus grands cépages au monde. J'ai dans mon portable des photos faites le 6 décembre, alors qu'il était tombé des cordes... C'est un cépage qui résiste à la pluie, qui peut être vendangé très tardivement. C'est un cépage qui exprime sont meilleur potentiel chez nous, au pied des Pyrénées, même s'il s'en plante en Nouvelle-Zélande, en Chine... Le Petit Manseng fait rêver, parce que le réchauffement climatique fait que beaucoup de vins perdent de l'acidité, n'en ont plus assez.





Si vous ne pouviez emporter que trois bouteilles sur une île déserte...

J'aimerais bien un Châteauneuf-du-Pape. Celui d'un ami, Alain Jaume. Qu'est-ce que c'est bon, riche ! Un Bourgogne de Comtes Lafon. Ce sont aussi des amis. Et allez, un Fargues de la famille Lur Saluces. Un vin de subtilité, de raffinement.. un vin d’esthète. Donc deux blancs et un rouge.


Pouvez-vous me citer un vigneron que vous admirez ?

Il y en a ... Zind-Humbrecht en Alsace. Ils font une pratique de la viticulture à laquelle moi je n'adhère pas encore, la biodynamie, mais mon fils en est épris. Il y en a d'autres, des vignerons qui sont à l'écoute de la nature, à l'écoute de leur terre, des vibrations, des énergies... Je pense d'ailleurs faire partie de ceux-là.





Quel est votre accord mets et vins préféré ?

J'ai goûté un homard bleu avec ma Canopée, c'était fantastique. Ou même une très belle sole, bien cuite, un peu de citron, simplement, avec mon Quatre Temps.


Pouvez-vous me citer trois restaurants que vous appréciez particulièrement ?

Près de chez nous, il représente les hautes valeurs de la cuisine : Michel Guérard. À Paris, il y en a beaucoup... La Pérouse, qu'on vient de livrer (interview réalisée pendant Wine Paris/Vinexpo en février dernier). Et enfin, on retourne en province avec Troisgros. L'art de la cuisine. Je n'aime pas les mousses, je veux voir les éléments du plat bien mis en valeur.


Qu'auriez-vous fait si vous n'étiez pas vigneron ?

Je me défini comme Paysan de la vigne et du vin car je suis un terrien avant tout. Être terrien c'est comprendre la nature, être en phase avec la chlorophylle, les énergies de la terre. Si je ne faisais pas de vin je serais agriculture. Je cultiverais du maïs, dans mon coin, et d'ailleurs j'en plante un peu.



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